Choisir son énergie ?

C’est un choix important.

On l’a compris depuis 2021, le fuel et le gaz n’ont plus le vent en poupe. Selon le contexte politique mondial ou national, les prix sont fluctuants et l’on a bien compris que, structurellement, ils ne vont pas baisser. On comprend aussi que ce ne sont pas des énergies vertueuses.

Le bio-fuel

Même si on nous parle de bio-fuel, comme on parle de bio-diesel. On se doute que le greenwashing est bien présent : combien de fuel classique brulé par les tracteurs pour produire du bio-fuel ? Combien d’eau utilisée ? Les surfaces utilisées sont-elles en jachère ou prises sur les terres produisant de la nourriture ? Voici les éléments fournis par le ministère de la transition écologiques. Si cette solution était la panacée, il est probable que, malgré les lobbies de l’énergie, voire même par les membres de ces lobbies, elle se serait développée beaucoup plus largement. Comme beaucoup de solutions renouvelables, cette solution fonctionne bien pour couvrir une partie des besoins seulement.

L’électricité

L’électricité n’est pas forcément très propre, du nucléaire au charbon. Mais on peut aussi la produire soi même, pas forcément exactement quand on en a besoin, mais j’y reviens plus tard.

Un avantage de l’électricité, c’est que son tarif pour le particulier est régulé par l’état. Jusqu’à présent, le prix était anormalement bas : s’agissant pendant longtemps d’une fourniture régie par l’état, son prix était une variable d’ajustement de l’inflation. Il est vraisemblable que le tarif va se normaliser progressivement.

Néanmoins, cela parait un choix plus pertinent que les autres énergies fossiles.

Le solaire thermique

L’énergie est gratuite, le COP des installations phénoménal lorsqu’il y a du soleil.

Mais le solaire thermique ne fonctionne pas en permanence, il lui faut donc un appoint. Et surtout, il faut disposer pour l’installer de surface correctement exposées. Il existe aussi des freins (les panneaux, c’est pas beau, c’est un truc d’écolo, ou la mairie s’y oppose, …) et dans ce cas, même si on en a la possibilité, on choisira parfois d’installer en premier l’appoint.

C’est pourtant l’énergie la plus disponible, de proximité immédiate, même si le soleil n’est pas à côté, et la moins chère. Vous trouverez ici les principales informations sur le chauffage solaire.

Quand on peu, c’est très intéressant de de faire : dans le sud, on constate des temps de retour sur investissement de l’ordre de 7 ans pour de l’auto-installation.

Le bois

Le bois est une énergie très locale, ce qui est intéressant. Cependant, c’est généralement contraignant : dans tous les cas, il faut stocker le bois. Alimenter le feu réclame une présence. Seul le fonctionnement de chaudières avec ballon tampon permet d’obtenir une certaine autonomie (j’ai connu jusqu’à 2 jours). Il faut aussi entretenir, enlever les cendres, etc.

Le granulé de bois est beaucoup moins contraignant et peut être beaucoup plus automatisé. Mais on a vu en 2012 je crois, qu’il pouvait être sujet à pénurie, c’était à cause d’une période de gel durable qui avait empêché les scieries de produire. Et surtout en 2022, on a vu qu’une hausse rapide de la demande avait provoqué pénurie et spéculation, avec un prix multiplié par 3 par rapport à l’année précédente.

Quelle stratégie pour le choix de l’énergie?

Il n’y a pas de solution universelle, quand on croit l’avoir trouvée, on se rend compte quelle a des limites :

  • pour les énergies fossiles, la fluctuation de leur coût et leur impact environnemental,
  • pour l’énergie solaire thermique, la météo et la disponibilité d’un emplacement bien exposé,
  • pour le bois, les contraintes d’utilisation et d’entretien,
  • pour l’électricité, elle se stocke difficilement, on est donc tributaire du réseau : elle est en partie fossile, en partie pas. Elle peut aussi être produite par vous-même (nos suggestions ci-dessous).

Le sujet du choix est aussi une question de prix. Un comparateur d’offres d’énergies est fourni par les services de l’état. Il parle uniquement des tarifs de gaz et d’électricité. Dans le cas d’une PAC, il faudra tenir compte non pas du COP optimal, mais de l’ETAS, que nous fournissons dans les simulations.

En effet, le COP dont on vous parle souvent est le COP dans les conditions idéales : quand on n’a quasiment plus besoin de se chauffer.

Vous vous doutez que dans la vraie vie, ça ne marche pas comme ça. il faut faire une moyenne entre les meilleurs moments et ceux ou la PAC peine.

Pour plus de détails, voyez notre page dédiée au dimensionnement.

Choisir la liberté !

De notre point de vue, il y a deux pistes à privilégier, une fois qu’on a fait le nécessaire pour réduire les besoins :

  • être multi-énergies : solaire thermique-bois, bois-électricité, solaire thermique électricité, ou les trois. On pourra alors privilégier l’énergie qui nous arrange en fonction du contexte.
  • produire soi-même son énergie, soit pour l’utiliser quand elle est disponible (le solaire thermique, généralement), soit pour la stocker en partie pour l’utiliser au besoin (le bois si on en a sur son terrain, le photovoltaïque par exemple avec batterie virtuelle).

Du moins faudrait-il prévoir cette configuration dans les choix qui sont faits, même si sa mise en œuvre n’est pas immédiat.

Par exemple marier une PAC avec du photovoltaïque en auto-consommation et une batterie virtuelle parait être une composante intéressante de la solution, en complément d’une installation solaire thermique si elle est possible.

La PAC seule l’est aussi, c’est le sens de l’histoire récente, avec toutes les incitations mises en place. Ces incitations coïncident d’ailleurs avec une amélioration très sensible de l’impact écologique des produits puisqu’on passe du fluide  R410 au gaz R32, et bientôt au R290.

Reste à produire les PAC localement pour être à 100% vertueux. Pour les PAC eau-eau, c’est a priori le cas, mais pour les PAC air-eau, pas encore.

Concevoir une habitation économe en énergie

Dans le cas d’une construction neuve, pour peu qu’on aborde la question suffisamment tôt, on peut intervenir à de nombreux stades du projet : depuis le choix de l’implantation, de l’orientation, du climat, des vents, des couleurs, des différents espaces intérieurs ou extérieurs, des ouvertures et des masques, de l’inertie du bâtiment. Enfin arrivent l’isolation, la ventilation, mais aussi les murs Trombe… On dispose de nombreuses options astucieuses pour réduire les besoins de chauffage, avant de passer aux solutions technologiques .

Voici quelques éléments de réflexion pour concevoir une maison économe.

Rénovation thermique d’une habitation

Dans une grosse rénovation, un certain nombre des paramètres ci-dessus sont déjà fixés (implantation, orientation), certains peuvent être modifiés modulo des travaux très significatifs (ouvertures, inertie, …), il en reste néanmoins une partie sur laquelle on agira et qui sont souvent le cœur de la rénovation.

Remplacement d’une installation de chauffage, ou mise à niveau ?

Enfin, dans une maison habitée, on est beaucoup plus contraint au niveau architectural. On jouera dans ce cas principalement sur : la ventilation, la qualité des vitrages, l’étanchéité du local et l’isolation des combles et des murs. L’isolation des murs par l’intérieur peut être très compliquée. Pour améliorer la performance énergétique, on pourra jouer avec un résultat très significatif sur les équipements de chauffage. On peut alors substituer, installer en complément ou en simple économiseur. C’est une question de choix.

  • remplacer, c’est le plus fréquent, c’est parfois culturel. Parfois, les vieux équipements sont vraiment vieux. Quelquefois aussi, on est contraint par l’espace disponible, même si dans d’autre cas, on pourrait rendre l’espace disponible, mais on n’en a pas forcément envie.
  • installer en économiseur : le nouvel équipement, économique, fonctionnera le plus souvent possible pour alléger la charge de l’équipement existant, et qui n’interviendra qu’en cas de besoin. Par exemple on peut installer un chauffage solaire ou une PAC en économiseur d’une chaudière fuel
  • installer en complément : là, il n’y a pas forcément de priorité du nouvel équipement.  On peut installer la PAC en parallèle d’une chauffage solaire, d’une chaudière bois et elle fera l’appoint quand l’énergie manque. Et réciproquement, par grand froid, le bois pourra compléter la PAC. L’idée dans ce cas est que les deux sources d’énergie sont en parallèle et peuvent se substituer. C’est une approche qui privilégie la sécurité de fonctionnement et permet, comme l’installation en économiseur, de choisir l’énergie qu’on veut utiliser prioritairement.

Si vous ne trouvez pas le schéma qui vous convient parmi ceux que nous vous

, n’hésitez pas nous le demander.

Dans l’article suivant, nous passons en revue les différents types d’équipement qui composent une installation de chauffage.

AVANT DE SE LANCER

Identifier les composants d’une installation de chauffage

Une installation de chauffage est souvent constituée de deux ou trois composants principaux.

ÉTAPE SUIVANTE

Évaluer les solutions de chauffage

Vous ne trouverez pas ici un comparatif chiffré des solutions de chauffage avec un rendement et un temps de retour, ni une analyse détaillée des bilans…